L'histoire
" Chaque violon a une mémoire. Chaque mémoire a un destin."
Lorsque vous pensez à l’excellence au violon, un seul nom vous vient à l’esprit ? Qui, en effet peut se déclarer bon violoniste s’il n’est capable d’exécuter les prouesses de Paganini. Rien que ce nom fait trembler les meilleurs, les plus faibles trouveront les meilleures excuses afin de s’y dérober ; la plupart se contenteront du silence.
Pour Marie-Geneviève Géhin accompagnée au piano, un autre nom s’impose… Un nom faisant frémir Niccolo Paganini lui-même ! Karol Lipiński… ou Lipinsky ? L’orthographe hésite autant que l’Histoire. Manque de preuves, de témoignages ? Un double ou une invention ? Commence alors un étrange dialogue entre l’interprète et ce fantôme aux yeux d’acier, qui prétend avoir été l’autre Paganini.
Cependant une question hante chaque note :
et si le véritable génie n’était pas celui que l’Histoire a retenu ?
NOTE D’INTENTION
« Un air venu de nulle part… Un concerto, un thème, trouvé par hasard. Il m’est resté. La fin m’a troublée. Et puis, en bas de la partition apparaissait… ce nom effacé. »
Quête, aventure, découverte, intrigue, danger, mystère… Tels sont les ingrédients indispensables pour constituer LE meilleur jeu à l’imagination débordante d’une mouflette en robe courte. Car oui, je joue… je joue du violon. Et cela m’a menée dans la plus folle des aventures ; ma vie en a été toute chamboulée ! J’ai entendu pendant ces jours précoces, un concerto… Mais pas comme les autres. Un concerto où je retrouvais tous ces ingrédients indispensables. Cupidon a tiré très tôt sa flèche sur moi, me donnant dans le cœur un rêve trop grand pour ce dernier. Le thème de cette œuvre m’a touchée, sa fin m’a transportée ! Sur le moment je voulais seulement interpréter et jouer cette œuvre si exceptionnelle à mes yeux. Je me dépêchais d’imprimer cette partition hâtivement trouvée sur le « net » sous l’œil réprobateur de mes aînés : « moi à mon époque, on n'avait pas tout si facilement ! »
Peu importe ! Et je m’y essayais ! Je commençais par cette fin qui m’appelait ! Seulement j’ignorais à qui j’avais affaire… peut-on réellement jouer correctement dans la cour des grands si notre âge est trop petit ? A neuf ans… Un âge où le nombre ne daigne même pas contenir deux chiffres. J’avais auparavant joué des œuvres rimant avec Bach, Vivaldi, Haendel… J’effleurais à peine du doigt un répertoire qui allait devenir mon favori : Le romantisme (Cupidon n’était jamais très loin). Mais ce concerto m’a résisté… Car je méconnaissais encore celui qui l’avait écrit. Son compositeur m’était encore inconnu. J’ignorais son histoire et sa vie qui avait valsé avec le plus grand d’entre nous. Parce que sans le savoir, je voulais suivre les pas de L’HOMME qui avait osé murmurer à l’oreille de Paganini ! Ou bien est-ce une excuse pour justifier mon échec de cette époque ?
Car je suis partie faire de mon rêve une réalité, en quête de sonorité, de vérité musicale, et de ce nom effacé au bas d’une partition. Entre le classicisme noble de Lipiński et la virtuosité théâtrale de Paganini, j’ai découvert la tension entre deux conceptions du violon… et surtout la poursuite d’un rêve ! Mais pouvons-nous faire confiance à l’imagination d’une enfant ? Quelle est la part de réalité ou de rêve ?
On dit que la différence entre un rêve et la réalité, c’est une date. Alors je vous dis que le mien a été fixé au 11 DÉCEMBRE 2025.
Marie-Geneviève Géhin
Programme musical
Karol Lipinski
Louis Spohr
Niccolo Paganini
Robert Schumann
Henry Wieniawski
Hector Berlioz
3ème concerto
Concerto N°2 (extrait)
Caprice N° 20 (Karol Szymanowski)
Sonate N° 1, Opus 105, mvt 1
Romance sans paroles (extrait)
Symphonie Fantastique (arrangement et extrait)
